Expertise
L’actualité en Ukraine et dans les pays alentours ne manque pas de nous étonner et de nous fasciner, et ce bien avant le 24 février 2022. Les premiers articles sur ce blog datent de 2009. Le fil se densifie à partir de 2011 et mon installation en Ukraine en tant que correspondant de presse, puis mon rôle de chef du service international de La Libre Belgique a Bruxelles, de 2022 à 2023. Mes contributions se déclinent en reportages, billets d’actualité, analyses et commentaires livrés à différents médias.
La guerre d’Orban contre Zelensky
Vous avez sans doute vu que les tensions s’accumulent entre la Hongrie et l’Ukraine
dans le contexte des élections législatives hongroises du 12 avril que Viktor Orban, n’a pas l’air bien parti pour gagner.
Selon un dernier sondage du média en ligne 24.hu le parti au pouvoir ne récolterait que 39% des voix alors que le parti Tisza de l’opposant Peter Magyar gagnerait 53% des voix
ce qui pourrait mener dans un mois à la défaite de Viktor Orban après 16 ans au pouvoir
dans ce match à deux, les enjeux sont colossaux et Viktor Orban a décidé de tout miser sur son opposition à Volodymyr Zelensky
en allant jusqu’à voler 100 millions d’euros d’une banque d’Etat ukrainienne
je vous explique tout ça, et aussi pourquoi cette élection, qu’elle que soient les résultats, n’est pas la fin de l’histoire.
Avant l’invasion, l’aveuglement?
Avez-vous déjà entendu ou lu l’histoire de la préparation de l’invasion russe de l’Ukraine, en amont du 24 février 2022?
Et notamment pour comprendre comment les services de renseignement américain et britannique avaient tout vu venir
que les Européens, en particulier les Français et les Allemands et les Ukrainiens eux-mêmes ont rejeté en bloc les informations partagées parce qu’ils n’arrivaient pas à conceptualiser la guerre à grande échelle
et comment aucun de ces acteurs occidentaux n’a de toute les manières tiré la conclusion de ces renseignements pour aider l’Ukraine à se préparer, car ils étaient persuadés que la Russie obtiendrait une victoire rapide?
Si vous ne l’avez pas lu dans un article fleuve du Guardian qui est sorti la semaine dernière, vous êtes passés à côté de quelque chose car c’est une histoire incroyable.
Les tensions Zelensky-Zaloujniy au grand jour
Volodymyr Zelensky serait responsable de l’échec de la contre-offensive de 2023 dans la mesure où lui et plusieurs responsables ukrainiens n’ont pas alloué suffisamment de moyens pour assurer le succès des opérations militaires.
Pour ceux qui suivent l’actualité ukrainienne, ça n’est pas forcément surprenant, mais la surprise vient du fait que c’est Valeriy Zaloujniy,
l’ancien commandant en chef des forces armées ukrainiennes et actuel ambassadeur au Royaume-Uni,
qui s’est lâché dans un entretien à associated Press.
ce qui en dit long sur la situation politique ukrainienne depuis le départ d’Andriy Yermak et les jeux politiciens, même si la perspective d’élections reste très lointaine.
La France indispensable à l’Ukraine?
Dans ses voeux aux forces armées, le 15 janvier, Emmanuel Macron s’est félicité que la France fournisse désormais 2/3 du renseignement militaire utilisé par l’Ukraine,
en compensation du retrait américain et du manque de fiabilité du Pentagone qui a coupé le renseignement et les livraisons d’armes plusieurs fois sans prévenir.
Cela ferait de la France une championne du renseignement militaire, non seulement dans ce contexte de guerre mais aussi plus globalement en Europe et dans le monde, vu qu’elle serait à même de compenser les capacités américaines.
mais ce ratio, s’il est impressionnant, est à relativiser.
Zelensky rencontre enfin Tikhanovskaïa
Vous avez vu Donald Trump fonder en grande pompe son conseil de la paix lors du forum économique de Davos
et même si ça a fait flop avec seulement 19 pays plus les Etats-Unis,
Donald Trump n’admettra jamais que ça a fait flop.
Pas plus qu’Alexander Loukachenko qui y voit l’occasion d’un retour en grâce dans l’arène internationale. Minsk a été très enthousiaste à accepter l’invitation qui lui a été adressée
sans préciser si Alexander Loukachenko est prêt à payer un milliard de dollars pour une place permanente, ça on verra.
Mais dans le même temps, un autre Bélarus a connu une évolution particulièrement notable: la première rencontre bilatérale entre la leader de l’opposition Svetlana Tikhanouvskaya et Volodymyr Zelensky qui l’avait snobé jusque là.
c’est un revirement comme je l’ai dit notable et potentiellement majeur, alors parlons-en
Zelensky et Klitschko s’affrontent dans le froid
Vous l’avez vu ces derniers jours, l’Ukraine est plongée dans la pire crise énergétique depuis 2022,
Avec une ville comme Kiev de plus de 3 millions d’habitants en manque d’électricité, de chauffage, d’approvisionnement d’eau,
et le reste du pays n’est pas dans un meilleur état, surtout les régions du centre et de l’est
Evidemment tout cela est dû aux attaques russes sur les infrastructures énergétiques
et à un hiver particulièrement froid cette année
mais cela n’empêche pas les querelles politiques sur les responsabilités des uns et des autres,
en l’occurrence ça a réactivé la dispute entre Volodymyr Zelensky et Vitaliy Klitschko, le maire de Kiev
ça en dit long sur l’état de la politique ukrainienne, alors parlons-en.
La chute de la Jeanne d’Arc d’Ukraine?
Elle a été la princesse du gaz, une des premières oligarques de l’Ukraine indépendante,
puis l’Evita de la politique ukrainienne, l’égérie de la révolution orange de 2004, la Jeanne d’Arc de la résistance à la verticale du pouvoir d’un président autoritaire à partir de 2010,
elle a été la Nelson Mandela de cette époque, prisonnière politique au sort internationalisé
puis la Mater Dolorosa de l’Ukraine post-Maïdan et sous le coup de l’agression russe en Crimée et dans le Donbass
Ioulia Tymochenko, car c’est bien d’elle dont je parle
est depuis quelques années une caricature d’elle-même, incapable de débrancher de la vie politique,
et la voilà mise en examen pour une sombre affaire de corruption, d’achats de votes de députés
alors on se pose la question: est-ce la fin de l’invincible et insubmersible Ioulia Tymochenko?
La Croix: “L’ère des potes du Kvartal 95 est révolue”
La chute du puissant chef de cabinet de Volodymyr Zelensky marque l’échec de son modèle de gouvernance, basé sur une gestion en petit comité et la cooptation de proches liés à sa société de production Kvartal 95. Le président ukrainien se dit pour la première fois ouvert à l’organisation d’une élection présidentielle en temps de guerre.
Zelensky plus isolé que jamais?
En Ukraine, on vit la fin d’une ère politique,
après la démission du chef de cabinet de Volodymyr Zelensky Andriy Yermak dans le cadre d’une enquête anticorruption.
Il y a encore beaucoup de questions, sur les suites de l’enquête, est-ce qu’elle va remonter au Président, sur les conséquences politiques et sur la séquence diplomatique en cours
mais c’est bel et bien la fin d’une ère, étant donné qu’Andriy Yermak était en poste depuis février 2020 et qu’il s’était rendu aussi incontournable qu’indispensable auprès de Volodymyr Zelensky.
La Croix: Zelensky déstabilisé par le plus important scandale de corruption de son mandat
L’exécutif de Kiev n’en finit pas d’être ébranlé par les révélations d’organes de lutte contre la corruption concernant plusieurs hauts dirigeants et proches de Volodymyr Zelensky. Sa promesse de 2019 de mettre fin à la corruption endémique semble bien loin.
Les MAGA adorent Zelensky?
On se rappelle tous de la dispute dans le Bureau ovale entre Volodymyr Zelensky, Donald Trump et JD Vance, ces deux derniers étant appuyés par des journalistes et influenceurs représentants de la cause MAGA, Make America Great Again
Depuis, on a vu que les relations entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump se sont réchauffées, elles sont très cordiales et Donald Trump aurait même donné son accord de principe pour la livraison de missiles de longue portée Tomahawks.
Mais ce réchauffement va plus loin: Volodymyr Zelensky a apparemment conquis le coeur de la base électorale de Donald Trump, des MAGA en particulier et des Républicains en général.
Une inversion des courbes des enquêtes d’opinion qui a plusieurs conséquences pour l’Ukraine et la poursuite de la guerre.
Sommet à Budapest: Trump retombe dans le panneau de Poutine
Donald Trump a à peine raccroché le téléphone après un long entretien avec Vladimir Poutine qu'il annonce un sommet à Budapest, en Hongrie. Viktor Orban s'en réjouit. Victoire éclatante pour le Russe, qui voit l'Américain retomber dans le panneau (et probablement abandonner son idée de livrer des Tomahawks à l'Ukraine).
Après la guerre, Zelensky rejeté?
En temps de guerre, 60% des Ukrainiens font confiance à Volodymyr Zelensky en tant que Président
Mais après la fin de la guerre, ils ne seraient que 25% à souhaiter qu’il reste en politique, soit Président, soit à un poste à responsabilité.
C’est le résultat très intéressant d’un sondage qui vient de sortir.
Sortie de crise?
En promulguant une loi qui a anéanti l’indépendance de deux institutions de lutte contre la corruption, mardi 22 juillet, Volodymyr Zelensky a provoqué la pure crise politique du temps de l’invasion généralisée du pays par la Russie, et plus généralement de son mandat.
Et il semble qu’il la compris, puisque dès le 24 juillet, il a fait déposer un nouveau projet de loi pour restaurer l’indépendance de ces instances anti-corruption.
C’est loin d’être la fin de l’histoire mais on peut déjà en tirer un certain nombre d’enseignements, donc parlons-en.
RTS: Les Ukrainiens se battent contre la corruption dans leur pays
Intervention dans l’émission “Tout un monde”, sur la RTS, le 24/07/2025
La fin de la lutte contre la corruption?
Le Parlement ukrainien vient tout juste d’adopter une loi qui mettrait fin à l’indépendance de deux organes clés de l’architecture de lutte contre la corruption.
C’est un revers cinglant pour tous les efforts que le pays a accompli depuis la révolution de la Dignité, le dernier Maidan en 2014
et cela prouve que malgré l’invasion généralisée du pays par la Russie, l’élite politique en est loin d’avoir renoncé à ses pratiques traditionnelles de corruption
Ukraine: pourquoi changer de gouvernement?
L’Ukraine a vécu une nouvelle semaine de bouleversements
entre les annonces trumpiennes de livraisons de batteries Patriot et les bombardements meurtriers sur ses villes,
l’adoption d’un 18e paquet de sanctions européennes contre la Russie et sa flotte fantôme,
ou encore une poussée insistante des forces russes autour de Pokrovsk.
En plus de toutes ces évolutions plus ou moins importantes ou dramatiques, l’Ukraine a vécu son premier changement de gouvernement depuis 2020.
Il y a eu des remaniements avant mais très partiels, là c’est le Premier ministre qui a changé.
C’est loin de faire les gros titres, et pourtant ça en dit long sur l’état de la politique ukrainienne après trois ans d’invasion généralisée,
et j’ai envie de dire, ce n’est pas très inspirant.
La Croix: la corruption touche le sommet de l’Etat ukrainien
Placé en détention vendredi 27 juin, le vice-premier ministre Oleksiï Tchernichov est le plus important dignitaire de l’État en exercice à se retrouver derrière les barreaux depuis l’indépendance. Une affaire qui fragilise l’exécutif et rappelle la prévalence de la corruption en Ukraine.
Istanbul: du grand n’importe quoi
On avait annoncé encore une fois cette journée à Istanbul comme cruciale,
et il était clair que Vladimir Poutine ne viendrait pas à Istanbul pour s’asseoir avec Volodymyr Zelensky,
mais rien ne nous préparait je pense à ce que ce soit du grand n’importe quoi à ce niveau
et je sais qu’en disant ça, ça fait analyse de bas étage,
mais cette journée était absolument ubuesque et absurde.
Et à mon sens c’est très symbolique, car c’est la fin de la séquence trumpienne, je crois qu’on assiste aux derniers moments de cette implication directe des Américains
on voit que Donald Trump ne veut plus avoir d’opinion sur la question, on arrive à la fin
et donc ça ne peut être que ubuesque et absurde, comme il nous a habitué.
Zelensky prêt à démissionner?
Volodymyr Zelensky est prêt à quitter son poste de président
si cela pouvait garantir la paix
ou faire entrer l’Ukraine dans l’Otan
Ce n’est pas proposition ferme mais c’est un message fort que le chef de l’Etat a envoyé aujourd’hui lors d’une conférence de presse
pour marquer les trois ans d’invasion généralisée.