Expertise
L’actualité en Ukraine et dans les pays alentours ne manque pas de nous étonner et de nous fasciner, et ce bien avant le 24 février 2022. Les premiers articles sur ce blog datent de 2009. Le fil se densifie à partir de 2011 et mon installation en Ukraine en tant que correspondant de presse, puis mon rôle de chef du service international de La Libre Belgique a Bruxelles, de 2022 à 2023. Mes contributions se déclinent en reportages, billets d’actualité, analyses et commentaires livrés à différents médias.
La Croix: L’Ukraine incrédule et lasse face au “plan de capitulation”
Loin de convaincre, l’initiative de paix concoctée en secret par Steve Witkoff, représentant informel de Donald Trump, suscite l’inquiétude en Ukraine. Figure dans ce « plan de capitulation » l’essentiel des revendications maximalistes russes, dont le contrôle territorial sur le Donbass.
Le front de Zaporijjia pire que Pokrovsk?
On a tous les yeux rivés sur les villes de Pokrovsk et de Myrnohrad pour savoir si et quand ces champs de ruines dans l’est de l’Ukraine vont tomber aux mains des Russes
Et quand je dis tous, je parle évidemment des journalistes, des observateurs internationaux mais aussi du haut commandement ukrainien
qui a tenté plusieurs opérations de stabilisation ou de contre-offensives très localisées ces dernières semaines.
Mais pendant que les Ukrainiens sont occupés à Pokrovsk, les Russes poursuivent une lancée assez impressionnante plus au sud, dans la région de Zaporijjia.
Comme toujours, les problèmes de ressources humaines, de fortifications et la stratégie globale du haut commandement sont au coeur des critiques.
La Croix: Zelensky déstabilisé par le plus important scandale de corruption de son mandat
L’exécutif de Kiev n’en finit pas d’être ébranlé par les révélations d’organes de lutte contre la corruption concernant plusieurs hauts dirigeants et proches de Volodymyr Zelensky. Sa promesse de 2019 de mettre fin à la corruption endémique semble bien loin.
Le plus gros scandale de corruption de l’ère Zelensky?
Ce 13 novembre, on est au quatrième jour d’un scandale de corruption qui n’en finit pas de secouer l’Ukraine. Il a trait au secteur de l’énergie mais surtout, il implique des proches de Volodymyr Zelensky qui pour la première fois se retrouve vraiment impliqué dans un vrai scandale. pas forcément par sa participation active, mais a minima par complaisance
La Croix: En mal de recrues, Kiev craint d’être submergé par les forces russes
La bataille de Pokrovsk met en lumière les trous qui émaillent le front ukrainien. Au-delà du choc de cette nouvelle menace de défaite, les inquiétudes sur les capacités de Kiev à maintenir une défense cohérente sont légion, tandis que Moscou continue de déverser armes et soldats dans la bataille.
Trump-Orban: une bromance qui paie?
Viktor Orban a remporté son pari. Il s’est rendu en personne à Washington pour convaincre Donald Trump de lui accorder une exemption sur l’application des sanctions US sur Lukoil et Rosneft,
et il l’a eu.
C’est un épiphénomène au vu de la taille de la Hongrie mais ça en dit long d’un point de vue géopolitique.
Actifs russes gelés: la saisie ou la banqueroute de l’Ukraine?
Il se joue actuellement une rude bataille dans les couloirs des institutions et des chancelleries européennes
pour débloquer plus de 170 milliards d’euros d’actifs russes gelés qui seraient mis à disposition de l’Ukraine.
En l’occurence, c’est surtout la Belgique qui bloque, et demain vendredi devrait se tenir une réunion de crise avec la Commission européenne
pour tenter de solutionner ce problème.
Les alternatives sont simples: soit débloquer ces fonds pour financer l’Ukraine, soit que les Etats-membres mettent la main au portefeuille, encore plus qu’ils ne l’ont fait jusqu’à présent.
Il existe évidemment une troisième possibilité: ne plus financer l’Ukraine et laisser le pays en situation de banqueroute.
Alors, pourquoi utiliser cet argent, pourquoi la Belgique bloque, et pourquoi la Norvège pourrait bien arriver en sauveur de la dernière heure?
La Croix: l’Ukraine veut se débarrasser de ses kopecks
Dans le cadre du mouvement de « dérussification » accéléré depuis 2022, l’Ukraine entreprend de changer le nom d’une de ses unités monétaires, les kopecks, l’équivalent de nos centimes. La réforme interroge néanmoins quant à sa pertinence en ces temps de guerre.
Le dernier train de Kramatorsk
A quoi ressemble une guerre d’attrition dans les faits? On a en tête l’usure des troupes, les frappes sur les centrales thermiques ukrainiennes ou les raffineries russes,
mais la décision de la compagnie ferroviaire ukrainienne Ukrzaliznytsia d’interrompre les liaisons entre la capitale Kyiv et la ville de Kramatorsk rentrent totalement dans ce cadre, celui d’un conflit qui rogne un peu plus chaque jour l’Ukraine et ses ressources.
"On ne sait jamais d'où viendra la balle"
Des soldats russes exécutés, torturés, battus à mort, obligés de se battre entre eux jusqu’à ce que mort s’ensuive ou tout simplement rackettés.
Et tout cela, par leurs officiers et la complicité de leur hiérarchie.
Les MAGA adorent Zelensky?
On se rappelle tous de la dispute dans le Bureau ovale entre Volodymyr Zelensky, Donald Trump et JD Vance, ces deux derniers étant appuyés par des journalistes et influenceurs représentants de la cause MAGA, Make America Great Again
Depuis, on a vu que les relations entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump se sont réchauffées, elles sont très cordiales et Donald Trump aurait même donné son accord de principe pour la livraison de missiles de longue portée Tomahawks.
Mais ce réchauffement va plus loin: Volodymyr Zelensky a apparemment conquis le coeur de la base électorale de Donald Trump, des MAGA en particulier et des Républicains en général.
Une inversion des courbes des enquêtes d’opinion qui a plusieurs conséquences pour l’Ukraine et la poursuite de la guerre.
Après la chute de Pokrovsk, la pénurie de soldats en Ukraine irrémédiable?
Plusieurs centaines de soldats russes sont infiltrés à Pokrovsk, les combats de rue sont sans pitié, les Russes poussent sur tous les côtés, y compris sur la ville voisine de Myrnhorad pour la plupart des observateurs, ces deux villes semblent irrémédiablement perdues et la question sur toutes les lèvres en Ukraine est celle de l’ordre d’évacuation: quand sera-t-il donné et à quel coût?
Cette nouvelle bataille acharnée pour une ville que la Russie prétend libérer alors qu’elle l’a juste changé en tas de ruines, pose encore une fois la question de la stratégie de l’Ukraine et de ses capacités pour continuer à résister, notamment ses réserves en ressources humaines.
La reconstruction du Haut Karabakh: une vitrine high tech sans habitants?
Depuis septembre 2023, le Haut Karabakh est pleinement sous contrôle de l’Azerbaïdjan, qui a ainsi recouvré ses frontières telles que reconnues par le droit international
Cette reprise de contrôle, après 30 ans de guerre, avait provoqué la fuite de plus de 100.000 Arméniens du Haut Karabakh.
Le régime d’Ilyam Aliyev a lancé un programme ambitieux, baptisé “Le Grand retour”, qui vise à entièrement reconstruire et repeupler la région.
La reconstruction bat son plein, avec des projets impressionnants
mais le repeuplement, donc plutôt par des citoyens azerbaïdjanais que par des Arméniens, lui, est bien plus modeste.
Le Haut Karabakh ressemble de plus en plus à une exposition à ciel ouvert faite de bâtiments modernes, mais vides.
Sanctions US & UE: une avalanche de nouvelles qui changent la donne pour l'Ukraine et la Russie?
Avec Donald Trump, on est habitués à n’être habitués à rien
et là-dessus, il nous déçoit rarement, encore cette fois-ci en décidant de ses premières sanctions contre la Russie depuis qu’il est revenu à la Maison blanche le 20 janvier.
C’est majeur, mais ça n’est pas tout, alors faisons un rapide tour d’horizon.
Les Russes à Pokrovsk, Koupiansk et Vovchansk
Après des mois d’infiltration par des petits groupes de reconnaissance ou d'assaut, les forces russes semblent bien ancrées dans les villes de Pokrovsk, Koupiansk et Vovchansk.
Trois villes qui ne sont pas encore tombées, et le contrôle de tel ou tel quartier est plus qu’aléatoire,
Mais en tout les cas ça montre que les Russes continuent d’avancent, continuent de grignoter.
À Zaporijjia, une trêve inédite pour sauver la centrale
Depuis le 18 octobre, l’Ukraine et la Russie ont conclu une trêve, et une trêve qui tient bon, sans combats ni bombardements
si ça vous étonne et que vous n’en avez pas entendu parler, c’est que ce cessez-le-feu est très localisé et temporaire
il a été conclu le temps que les deux belligérants réparent une ligne à haute tension pour restaurer l’approvisionnement électrique de la centrale nucléaire de Zaporijjia.
C’est un épiphénomène particulièrement intéressant, qui porte en soi autant de positif que de négatif, ou pour ne pas le dire en termes de jugement moral, autant de constructif que de destructif
La Croix: pilonné par la Russie, le pays replonge dans le noir avant l’arrivée de l’hiver
La campagne russe de frappes aériennes contre les infrastructures énergétiques en Ukraine a débuté plus tôt que les années précédentes : 50% des capacités de production de gaz naturel du pays ont été détruites dès début octobre. Ses effets désastreux annoncent un hiver difficile.
Sommet à Budapest: Trump retombe dans le panneau de Poutine
Donald Trump a à peine raccroché le téléphone après un long entretien avec Vladimir Poutine qu'il annonce un sommet à Budapest, en Hongrie. Viktor Orban s'en réjouit. Victoire éclatante pour le Russe, qui voit l'Américain retomber dans le panneau (et probablement abandonner son idée de livrer des Tomahawks à l'Ukraine).
Après la guerre, Zelensky rejeté?
En temps de guerre, 60% des Ukrainiens font confiance à Volodymyr Zelensky en tant que Président
Mais après la fin de la guerre, ils ne seraient que 25% à souhaiter qu’il reste en politique, soit Président, soit à un poste à responsabilité.
C’est le résultat très intéressant d’un sondage qui vient de sortir.
La fausse question des Tomahawks
Dans un de ses échanges un peu blablatesque avec la presse, Donald Trump a évoqué la livraison des missiles Tomahawk à l’Ukraine, en semblant les considérer comme une arme magique qui amènerait à une sortie du conflit rapide.
Mais en fait, c’est un mythe, et je ne serai pas étonné que seul Donald Trump y croit.