Expertise
L’actualité en Ukraine et dans les pays alentours ne manque pas de nous étonner et de nous fasciner, et ce bien avant le 24 février 2022. Les premiers articles sur ce blog datent de 2009. Le fil se densifie à partir de 2011 et mon installation en Ukraine en tant que correspondant de presse, puis mon rôle de chef du service international de La Libre Belgique a Bruxelles, de 2022 à 2023. Mes contributions se déclinent en reportages, billets d’actualité, analyses et commentaires livrés à différents médias.
50 000 soldats russes par an?
Si l’armée ukrainienne parvient à infliger 50.000 pertes par mois aux troupes russes, alors l’Ukraine a une chance d’inverser le rapport de forces dans cette guerre
Cette déclaration du nouveau ministre de la défense ukrainien Mikhaylo Fedorov a déjà fait couler beaucoup d’encre
Mais elle se heurte aux réalités du terrain et de la crise du recrutement de l’armée ukrainienne.
Est-ce que c’est réalisable, comment et surtout qu’est-ce que ça nous dit de l’état de l’armée ukrainienne aujourd’hui?
Des centaines de milliers d'hommes ukrainiens ont quitté leur pays
470.000 hommes auraient quitté l’Ukraine sans y revenir depuis le 24 février 2022
Ils ont quitté le pays par des moyens légaux.
Auquel il faudrait rajouter 70.000 hommes qui ont quitté le pays illégalement.
C’est le résultat d’une enquête menée par le média d’investigation ukrainien NGL
qui s’intitule “Des centaines de milliers mais pas des millions”
c’est une enquête qui s’inscrit en plein dans la problématique qui a défini la situation militaire depuis six mois et qui va déterminer à ne pas en douter l’évolution de la guerre en 2026, celle de la démographie et des ressources humaines
La Croix: Ioulia Tymochenko ciblée par une enquête anticorruption
Figure de l’Ukraine indépendante depuis les années 1990, Ioulia Tymochenko est mise en examen pour achats de voix de députés. Celle qui a été successivement première ministre et prisonnière politique du temps du président Ianoukovitch affirme être victime d’une justice politisée.
Le lithium ukrainien pour Trump?
Vous vous rappelez sans doute du deal que Donald Trump a imposé à Volodymyr Zelensky l’an dernier sur l’exploitation des terres rares d’Ukraine
vous vous rappelez aussi que les Ukrainiens avaient assez habilement négocié pour éviter un accord qui conduirait à une spoliation totale des ressources du pays.
Mais malgré tout, les Etats-Unis sont clairement dans une position privilégiée selon les termes de cet accord.
Et ça se voit avec le résultat du premier appel d’offres pour une licence d’exploration et d’exploitation, qui a été remporté par un proche de Donald Trump.
2026, l’année de l’escalade?
Si on se projette sur 2026 qui commence, il faut réfléchir aux marges de manoeuvre du Kremlin. Elles sont limitées, alors il y a de fortes chances que la principale voie à suivre, c’est celle de l’escalade hybride.
Le Monde Diplo: la “République oligarchique d’Ukraine”
Des enquêteurs ukrainiens révélaient en novembre l’existence d’un vaste système de détournement de fonds dans le secteur de l’énergie. Ce scandale trahit la persistance d’une corruption endémique en dépit de la guerre, qui semblait affaiblir les clans politico-financiers. Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, ces derniers ne cessent de se reconfigurer, malgré les promesses gouvernementales.
La Croix: Le traumatisme des “enfants volés”
Environ 20 000 enfants ukrainiens sont considérés comme ayant été kidnappés par la Russie, à des fins de « rééducation » et de russification. Si le phénomène est au cœur des efforts ukrainiens pour obtenir justice sur la scène internationale, les questions qu’il soulève sont complexes.
75% des Ukrainiens opposés à l’abandon du Donbass
Il y a quelques jours, Donald Trump assurait que 82% des Ukrainiens voulait un accord pour mettre fin à la guerre
et que toute son action était motivée par le désir de sauver des vies humaines
Le président américain n’a pas précisé d’où il tenait cette statistique
et on sait bien qu’il y a d’autres motivations derrière ses efforts diplomatiques, notamment renouer une relation qu’il veut constructive avec la Russie
et faire payer l’Europe en passant.
Mais ce 82% s’inscrit dans une réthorique plus large de la volonté populaire ukrainienne qui ne serait pas respectée,
encore une fois sans préciser par qui,
du besoin d’élections pour décider d’un nouveau Président, voire d’un référendum pour se prononcer sur un accord de paix,
pour éclairer tout cela, un sondage du très fiable institut international de sociologie de Kyiv vient de sortir,
il nous donne pas mal d’indications précieuses,
Koupiansk libérée - Siversk occupée
Plus personne ne comprend rien au processus de négociations initié par Steve Witkoff et Kirill Dmitriev, et c’est bien normal,
ça part dans tous les sens, on ne sait pas à quel document se référer, et si tout le monde de Moscou à Kyiv, de Bruxelles à Washington, parle de la même proposition.
Par contre, sur le terrain, la guerre continue, elle peut aussi être tout à fait floue et confuse
mais elle nous a donné plusieurs nouvelles très claires ces dernières 24h
d’une part, la ville de Siversk est tombée aux mains des Russes
d’autre part, la ville de Koupiansk a été quasi-intégralement reprise par les Ukrainiens
c’est la première fois que les Ukrainiens arrivent à déloger des soldats russes qui s’infiltrent dans une ville après une longue et difficile bataille urbaine.
Combien d’Ukrainiens en Ukraine?
On s’interroge depuis de nombreuses années, a fortiori depuis 2022, sur la taille de la population ukrainienne
Les projections démographiques sont très inquiétantes, on parle de 15 millions d’Ukrainiens en 2100
mais ce ne sont que des projections car on ne sait juste pas combien de personnes restent dans le pays actuellement
le magazine Forbes vient de publier une étude tout à fait intéressante, avec une méthode de calcul alternative,
qui établit qu’entre 28 et 31 millions de personnes habitent aujourd’hui les territoires contrôlés par le gouvernement ukrainien.
Jusqu’à 38 millions de personnes en incluant les territoires occupés.
Myrnohrad encerclée. Pourquoi ne pas évacuer?
La bataille pour Pokrovsk dure depuis environ un an et demie,
en gros à partir de la percée russe à Otcheretiné qui a ensuite amené les troupes d’invasion aux portes de la ville.
Elle n’est toujours pas terminée aujourd’hui au sens actif du terme. Mais il ne s’agit plus de stratégie ou de tactique.
si la bataille continue, c’est à cause de l’entêtement du haut commandement ukrainien à repousser l’évacuation.
pour des bénéfices qui semblent tout à fait abstraits.
Vers nulle part?
Donald Trump regrette que Volodymyr Zelensky n’ait pas lu la proposition de plan de paix
mais par contre, cette proposition irait aux Russes alors que Iouriy Oushakov a répété il y a quelques jours que des différences persistent
Volodymyr Zelensky assure lui avoir bien la proposition, mais assure que Donald Trump a sa propre vision qui diffère de la perspective ukrainienne.
Et là-dessus, même les dirigeants européens par la voix de Friedrich Merz estiment qu’ils sont très sceptiques quant à cette nouvelle initiative.
Voilà l’état d’esprit du moment, et je ne résiste pas à l’envie de faire un petit point sur ce nouveau numéro de cirque géopolitique.
27% du PIB ukrainien dans la défense
Dans les pays membres de l’OTAN, on s’écharpe à savoir s’il faut augmenter les dépenses de défense à 3, 4 ou 5% du PIB
En Ukraine, on a déjà dépassé ce débat depuis très longtemps. Le budget 2026 alloue 60% de ses dépenses à la défense, ce qui représente 27,2% du PIB.
C’est absolument colossal, et la structuration de ce budget en dit très long sur l’économie ukrainienne dans le quatrième hiver de l’ invasion russe
La flotte fantôme brûle-t-elle?
Depuis 2022, on redoute très régulièrement que la guerre russe contre l’Ukraine ne déborde et ne se transforme en un conflit mondial
On en est encore très loin, mais par contre on parle depuis 3 ans d’un conflit mondialisé, dont les conséquences dépassent le strict cadre de l'affrontement entre deux pays.
Actuellement, ce sont la Turquie et le Kazakhstan qui se plaignent et ça peut avoir des conséquences
La catastrophe climatique née de la guerre russe contre l'Ukraine
La COP 30 vient tout juste de se terminer sur un résultat mitigé et décevant, mais ce n’est pas vraiment une surprise
compte tenu des résultats décevants des COP précédentes, on sait déjà qu’on a manqué la cible de 1,5 degrés de réchauffement
et on n’arrive pas à obtenir un engagement pour sortir des énergies fossiles.
A cette COP 30, la position de l’Ukraine était alignée sur celle de l’Union européenne
en promettant une réduction de ses émissions de plus de 65% d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990 et la neutralité carbone à l’horizon 2050
Et c’est tout à fait faisable compte tenu de la décarbonation de l’économie ukrainienne dans le contexte de guerre russe.
Mais ça n’enlève rien au paradoxe dans lequel se trouve l’Ukraine: les émissions liées à la guerre ont atteint 237 millions de tonnes de CO2, ce qui est l’équivalent des émissions de quatre pays européens.
Perdre sa dignité ou un allié essentiel
On en sait beaucoup plus sur la proposition du plan de paix concocté par Steve Witkoff et Kirill Dmitriev
on en sait plus sur les détails, mais aussi sur la réaction ukrainienne et la pression américaine.
Parce que cette fois, la Maison blanche ne parle pas d’une tentative ou d’un processus, mais bien d’un accord à prendre ou à laisser.
La Croix: En mal de recrues, Kiev craint d’être submergé par les forces russes
La bataille de Pokrovsk met en lumière les trous qui émaillent le front ukrainien. Au-delà du choc de cette nouvelle menace de défaite, les inquiétudes sur les capacités de Kiev à maintenir une défense cohérente sont légion, tandis que Moscou continue de déverser armes et soldats dans la bataille.
Actifs russes gelés: la saisie ou la banqueroute de l’Ukraine?
Il se joue actuellement une rude bataille dans les couloirs des institutions et des chancelleries européennes
pour débloquer plus de 170 milliards d’euros d’actifs russes gelés qui seraient mis à disposition de l’Ukraine.
En l’occurence, c’est surtout la Belgique qui bloque, et demain vendredi devrait se tenir une réunion de crise avec la Commission européenne
pour tenter de solutionner ce problème.
Les alternatives sont simples: soit débloquer ces fonds pour financer l’Ukraine, soit que les Etats-membres mettent la main au portefeuille, encore plus qu’ils ne l’ont fait jusqu’à présent.
Il existe évidemment une troisième possibilité: ne plus financer l’Ukraine et laisser le pays en situation de banqueroute.
Alors, pourquoi utiliser cet argent, pourquoi la Belgique bloque, et pourquoi la Norvège pourrait bien arriver en sauveur de la dernière heure?
La Croix: l’Ukraine veut se débarrasser de ses kopecks
Dans le cadre du mouvement de « dérussification » accéléré depuis 2022, l’Ukraine entreprend de changer le nom d’une de ses unités monétaires, les kopecks, l’équivalent de nos centimes. La réforme interroge néanmoins quant à sa pertinence en ces temps de guerre.
Le dernier train de Kramatorsk
A quoi ressemble une guerre d’attrition dans les faits? On a en tête l’usure des troupes, les frappes sur les centrales thermiques ukrainiennes ou les raffineries russes,
mais la décision de la compagnie ferroviaire ukrainienne Ukrzaliznytsia d’interrompre les liaisons entre la capitale Kyiv et la ville de Kramatorsk rentrent totalement dans ce cadre, celui d’un conflit qui rogne un peu plus chaque jour l’Ukraine et ses ressources.